Revue de Presse : refus adoption TGI Versailles

Articles du 1er mai :

À Versailles, le TGI refuse une adoption intrafamiliale pour cause de PMA
Yagg
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Adoption refusée pour un couple homosexuel
France Inter
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Le TGI de Versailles refuse l’adoption de Martin par l’épouse de sa mère
Rue 89
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Face à la PMA, les juges font toujours leur loi
Libération
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Articles du 2 mai :

La justice refuse l’adoption de l’enfant d’un couple de femmes conçu par PMA à l’étranger
France TV info
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PMA : un premier refus d’adoption après la loi Taubira
Le figaro
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PMA: Un couple de femme se voit interdire l’adoption de l’enfant d’une des conjointes
RMC
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Le tribunal de Versailles refuse l’adoption d’un enfant issu d’une pma à l’étranger
RTL
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L’enterrement de la PMA a eu lieu
Huffington Post
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Premier refus d’adoption à un couple de femmes ayant conçu un enfant par PMA
Le Monde
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PMA: la justice refuse l’adoption d’un enfant conçu à l’étranger
L’Express
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PMA: le tribunal de grande instance de Versailles refuse l’adoption à un couple de femmes
L’Express
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Adoption et PMA pour les couples lesbiens: un flou qui crée des « injustices »
L’Express
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Adoption et PMA pour les couples lesbiens: « Il n’y a pas fraude à la loi »
L’Express
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L’adoption pour tous, c’est pas maintenant
Europe 1
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Homoparentalité. Un tribunal refuse l’adoption d’enfants conçus par PMA
Ouest France
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PMA : la justice refuse l’adoption d’un enfant né à l’étranger par un couple homosexuel
Altantico
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PMA: La justice refuse l’adoption d’un enfant à un couple de femmes
20 minutes
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La justice refuse à un couple de femmes l’adoption de leurs enfants conçus par PMA
L’indépendant
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PMA. La justice refuse l’adoption à un couple de femmes : ce n’est pas automatique
Le Nouvel Observateur
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Adopter un enfant né de PMA : y a-t-il deux poids deux mesures ?
Le Nouvel Observateur
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La justice refuse à un couple de femmes l’adoption d’un enfant conçu par PMA
France Bleu
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La justice refuse pour la première fois l’adoption d’un enfant conçu par AMP à l’étranger
Le quotidien du médecin
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PMA: la justice refuse l’adoption d’un enfant à un couple de femmes
BFM
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PMA : pourquoi la justice refuse l’adoption à deux couples lesbiens
Metronews
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Homoparentalité : Un flou autour de l’adoption et de la PMA pour les lesbiennes
Au féminin
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Une homosexuelle ne peut adopter en France l’enfant de son épouse né par PMA en Belgique
L’avenir
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Homoparentalité. La Justice refuse l’adoption d’enfants conçus par PMA
Le télégramme
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Homoparentalité : la justice refuse l’adoption d’enfants conçus par PMA à l’étranger
Le midi libre
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L’adoption pour tous, pas pour maintenant
Itélé
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JT 13h de 9min38 à 12min05
France 2
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Déboutés de leur demande d’adoption après une PMA, deux couples homosexuels feront appel
LCI/TF1
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Articles du 3 mai :

Adoption : la décision qui inquiète les parents gays
Le parisien
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Premier refus d’adoption pour un couple homosexuel
La nouvelle république
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L’asso dans les médias, avril 2014

L’association Enfants d’arc-en-ciel se réjouit du rapport Théry mais en attend plus
Yagg – le 11/04/2014
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Le parcours du combattant de Céline, qui va adopter les enfants de sa femme
20 minutes – 17/04/2014
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Mariage: la loi Taubira a chamboulé la vie d’homosexuels, surtout ceux voulant adopter
Le Nouvel Observateur – 18/04/2014
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Mariage: la loi Taubira a chamboulé la vie d’homosexuels, surtout ceux voulant adopter
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L’express – 18/04/2014

Mariage: la loi Taubira a chamboulé la vie d’homosexuels, surtout ceux voulant adopter
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RTL BE – 18/04/2014

Un an après, la loi Taubira a chamboulé la vie d’homosexuels, surtout ceux voulant adopter
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Paris Normandie – 18/04/2014

Mariage gay. Le premier anniversaire
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Le Télégramme – 22/04/2014

Homos : un an après le mariage, la famille pour tous attendra
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Metro News – 22/04/2014

Mariage pour tous : un an après, la loi Taubira a chamboulé la vie d’homosexuels
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Midi Libre – 23/04/2014

Emission Radio Campus Paris du 10/12/2012

Article de l’émission la Matinale de Radio Campus Paris :

La Matinale LGBT du 10/02 : On parle d’homoparentalité. Point.

 

Podcast: Lire dans une autre fenêtre

On en parle, parce qu’on en parle pas encore assez, ou pas de manière constructive. Le premier « on », c’est Rania et Florian. Le second « on » caractérise un spectre très large de la population. Et même des ministres, tiens.

Avec nous en studio, Nathalie Mestre, présidente de l’association Les Enfants d’Arc-en-Ciel. Sa devise  ? « Une famille homoparentale … une famille tout simplement ». L’association a pour premier objectif d’apporter un soutien – moral, politique, juridique (…) – aux familles homoparentales, de les faire se rencontrer aussi, afin qu’elles puissent échanger entre elles.

Les Enfants d’Arc-en-Ciel portent bien sûr des combats politiques, militants – mais peut-il en être autrement dans un pays où les droits LGBT en matière de parentalité sont inexistants ?

Au cours de l’émission, un éclairage supplémentaire est apporté par la sociologue Martine Gross, qui a élaboré (avec Jérôme Courduries) un questionnaire à destination de ces familles – afin de pouvoir rendre une enquête sur le sujet – la première du genre en France (!) et qui sort également deux ouvrages sur le sujet :

– Choisir la paternité gay

– Qu’est-ce que l’homoparentalité ?

Par téléphone, Benoit Renard, du Caélif, qui nous parle du think-tank qu’ils sont en train de mettre en place, et qui s’est fixé comme mission de rendre accessible à la communauté LGBT (mais pas seulement) des clés de compréhension de ce que peut offrir le paysage politique français en matière de droits LGBT. Vous pouvez d’ailleurs participer au think-tank, qui que vous soyez, en leur écrivant à l’adresse suivante : contact@caelif.fr

Côté chroniques, les sorties et actus étudiantes de Justine, la revue de pressehebdomadaire de Driss, et … et puis voilà, c’est déjà pas mal !

 

Les enfants d’Arc En Ciel – L’Asso !témoigne dans « mes parents sont homos » d’Andréa Rawlins

Les enfants d’Arc En Ciel – L’Asso !témoigne dans « mes parents sont homos » d’Andréa Rawlins.

A quelques mois des élections présidentielles, nos familles témoignent pour une société plus juste, une société égalitaire.

Alors que les partis s’affrontent parfois sur ce qu’ils pensent n’être qu’un simple débat d’idées, les familles, elles,  existent bel et bien et protègent leurs enfants tant bien que mal avec le peu de moyens juridiques mis aujourd’hui à leur disposition.

Parce qu’aucun lien de filiation n’est établi entre l’enfant et son (ses) parent(s) dit(s) social(aux), les familles composent avec des délégations d’autorités parentales attribuées au petit bonheur la chance. Elles bricolent avec les tutelles testamentaires, en croisant les doigt pour que leur vie ne famille ne prenne pas une  mauvaise tournure (hospitalisation ou décès du parent légal, séparation conflictuelle, accident grave de leur enfant en l’absence du parent légal…)

Marjolaine (responsable de l’Antenne Paris île de France des Enfants d’Arc en Ciel-l’asso!) témoigne avec sa compagne et leur fille dans ce très beau documentaire réalisé par Andréa Rawlins pour l’agence CAPA.

 

 

Article de yagg : Parrainage de la Fondation de la famille : À quoi joue Claude Greff ?

Parrainage de la Fondation de la famille : À quoi joue Claude Greff ?

http://yagg.com/2011/10/23/parrainage-de-la-fondation-de-la-famille-a-quoi-joue-claude-greff/

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Le 20 octobre dernier, la très discrète secrétaire d’État à la Famille, Claude Greff honorait de sa présence le siège du Conseil économique, social et environnemental pour lancer le fonds de dotation d’une nouvelle fondation pour la famille. Jusque là, rien que de très banal, il n’y a rien d’illogique à ce que celle qui est chargée de mettre en œuvre la politique familiale au gouvernement parraine une association de soutien à la parentalité.

LE GRATIN DU LOBBY CATHOLIQUE-CONSERVATEUR FRANÇAIS
Sauf que l’artisan de cette fondation de la famille, dont la secrétaire d’État a tressé les lauriers à grands renforts de «Cher Jean-Eudes», n’est autre que Jean-Eudes Tesson. Le président de l’association catholique Cler Amour et Famille était entouré des responsables des Associations familiales catholiques de France (ACF) et de Familles de France. Trois organisations qui forment le gratin du lobby catholique-conservateur familial français.

Familles de France s’est illustrée comme fer de lance des combats contre le pacs, la pornographie, la pilule du lendemain et a toujours affiché son soutien à Christine Boutin. Son président, Henri Joyeux, a déjà eu l’occasion de dire tout le mal qu’il pensait de l’ouverture du mariage et de l’adoption aux homos. L’ACF s’est récemment distinguée dans son combat contre l’ouverture du mariage aux couples homos et les nouveaux manuels de SVT au lycée. Enfin, sous couvert d’«humanisme», Cler Amour et Famille prône une vision chrétienne et hétéronormée de la famille et de la sexualité. En parallèle de séminaires «d’éducation affective et sexuelle», cette association donne également d’étranges conseils aux parents d’homosexuel-le-s.

Sur son site internet, Clerc Famille et Amour donne la parole à une «conseillère conjugale et familiale» qui pousse un père désemparé par le coming-out de son fils à chercher «les causes» de son homosexualité et lui propose de l’aide pour que son enfant puisse «affirmer sa vraie personnalité». Le comité de parrainage de la fondation compte également parmi ses membres Béatrice Bourges, fondatrice de l’Association pour la protection de l’enfance dont le but principal est de lutter contre l’homoparentalité.

«NOUS AVONS LES MÊMES CONVICTIONS»
Devant les membres de la fondation, Claude Greff s’est dite «très heureuse de voir que nous avons les mêmes convictions», et aussi «fière d’avoir un président de la République qui aime la famille, [et qui] me donne l’occasion de dire combien la famille est essentielle» (voir la vidéo ci-dessous).

 

Si vous ne pouvez pas voir la vidéo, cliquez sur ConfPresse6/6 – La Fondation de la Famille : une initiative pour répondre aux attentes des parents et des couples aujourd’hui.

En revanche, elle n’a pas dit un mot sur les familles homoparentales. Et pour cause, ces dernières n’ont même pas été évoquées. Pourtant, le sujet a de quoi les intéresser. La Fondation de la famille se veut en effet un «outil» pour accompagner les familles, comme l’expliquait le jour même Jean-Eudes Tesson au Figaro. Sondages et études à l’appui, les têtes pensantes de l’association veulent prouver qu’on est plus heureux dans une famille unie (et vraisemblablement hétérosexuelle).

«UN RETOUR EN FORCE DES IDÉES ULTRA-CONSERVATRICES»
De quoi inquiéter la plupart des associations homoparentales qui s’indignent qu’un membre du gouvernement apporte sa caution à un projet piloté par des organisations familiales catholiques. «Le message est limpide: la famille c’est un papa, une maman, ni plus ni moins, résume Les enfants d’Arc En ciel. À se demander s’il ne s’agit pas d’une plaisanterie, comment ne pas dénoncer une conférence qui semble à ce point manquer de sérieux dans sa représentativité des familles?».

L’Association des parents gays et lesbiens (AGPL) demande ce qu’il est advenu du «principe de laïcité» et «si Mme la secrétaire d’État à la Famille compte s’engager tout autant dans un soutien actif pour la défense et la reconnaissance des familles homoparentales (…). Quelles actions de soutien envisage-t-elle de mettre en place pour les familles homoparentales, dont la fragilisation a été sciemment institutionnalisée par l’appareil d’État?». Du côté de l’Inter-LGBT, on «s’inquiète d’un véritable retour en force des idées ultra-conservatrices dans le débat politique et de la caution que semble y apporter le gouvernement» et on demande «des explications et des clarifications de Mme la Ministre sur son soutien à cette initiative».

L’AGPL A RENDEZ-VOUS AVEC CLAUDE GREFF, L’ADFH MARQUE SA DIFFÉRENCE
Dans ce concert de protestations, le silence de l’association des familles homoparentales (ADFH) détonne. Son président, Alexandre Urwicz, s’en explique à Yagg, affirmant que si «l’ADFH ne s’est volontairement pas exprimée sur le sujet», c’est parce qu’elle a eu «des contacts rassurant à un niveau plus élevé que celui de la secrétaire d’État chargée de la Famille. «À ce niveau, soutient-il, personne ne conteste l’existence des familles homoparentales. Comment pourrait-il en être autrement puisqu’elles existent». Manière de signifier que les grandes décisions en matière de politique familiale ne sont pas prises par le secrétariat à la Famille et de marquer sa différence par rapport aux autres associations.

Toutes ces questions, l’AGPL pourra les poser de vive voix à la secrétaire d’État. L’association a en effet obtenu un rendez-vous avec Claude Greff le 27 octobre prochain. Le 3 novembre, cette dernière doit développer son plan de soutien à la parentalité.

Photo DR

 

Article de yagg : Gestation pour autrui: le casse-tête français

Gestation pour autrui: le casse-tête français

http://yagg.com/2011/08/31/gestation-pour-autrui-le-casse-tete-francais/

 

Publié par  |   Dans Homoparentalité,Société

 

«On peut me traiter de salaud mais ce qu’on fait subir aux enfants, c’est dégueulasse!» Lorsqu’il nous contacte au début de l’été, Fabrice R., 42 ans, est un père en colère. En 2008, ce fonctionnaire décide de concrétiser son désir d’être papa. Mais ne veut pas de coparentalité. Il décide alors d’avoir recours à la gestation pour autrui (GPA).

Comme d’autres parents français, homos et hétéros, il pousse la porte d’une clinique indienne et a recours à une mère porteuse. Entre temps, il rencontre un homme, de nationalité indienne, qui devient son compagnon. En juillet 2010, l’enfant naît de père français et devrait de fait avoir la nationalité française, en vertu de l’article 18 du code civil.

Pourtant, le consulat français de Bombay refuse de lui délivrer un laissez-passer. Sans ce précieux sésame, impossible pour Fabrice R. de revenir en France avec sa progéniture. Car si le procédé est légal en Inde, il est prohibé en France. «Heureusement, raconte Fabrice R., c’est la famille de mon compagnon qui l’élève.»

«ABUS DE DROIT» ET «COLONIALISME JURIDIQUE»
Fabrice R. n’est pas un cas isolé. Comme lui, d’autres parents sont confrontés au blocage des autorités françaises. Libération s’en est fait l’écho en relatant l’histoire de Pierre et Olivier. Comme Fabrice R., ce couple de quadragénaires a eu recours à la GPA par le biais d’une mère porteuse en Inde. Mais n’a pas pu ramener ses enfants – des jumeaux – en France, faute de laissez-passer.

Une situation kafkaïenne qui fait bondir leur avocate, Caroline Mécary. Spécialisée dans les affaires de discrimination, elle traite plusieurs dossiers de parents en souffrance. Elle dénonce «des situations dramatiques» pour les enfants de ses client-e-s. Surtout, elle accuse les autorités françaises de «procéder par intimidation en fonction des pays concernés».

Elle cite le cas du couple Mennesson. En 2004, les deux conjoints sont accusés «d’enlèvements d’enfants» et «d’adoption frauduleuse» en rentrant de Californie où leur gestatrice a donné naissance à des jumelles. «Il y a eu aussi un père mis en garde à vue dans le Nord et un cas de mise en examen il y un an, dans une situation très particulière», note l’avocate.

«L’administration française commet un abus de droit, explique-t-elle. En faisant prévaloir le droit français en Inde, elle fait du colonialisme juridique et entretient une inégalité de traitement envers les enfants nés d’une GPA».

Pour Caroline Mécary, l’attitude des autorités françaises est le fruit d’«un positionnement politique»: «C’est un choix volontaire d’endiguer les GPA et d’exporter de par le monde ses conceptions sur ce sujet».

«CONDITIONS ÉTHIQUES»
Et les associations homoparentales, que pensent-elles de ces situations? Yagg a posé la question aux trois principales associations homoparentales françaises: l’Association des Parents Gays et Lesbiens (APGL), l’Association des familles homoparentales (ADFH) et Les Enfants d’Arc En Ciel.

Sur son site, l’ADFH indique que seuls «quelques États étrangers permettent aux gays de réaliser une GPA dans des conditions éthiques, c’est-à-dire en respectant et protégeant l’ensemble des parties prenantes au processus et en permettant l’établissement de relations à long terme avec les mères de naissance».

Autrement dit, pour l’association, seuls les États-Unis et le Canada offrent des garanties «éthiques» aux futurs parents. Une position stricte défendue par Alexandre Urwicz, coprésident de l’ADFH: «Nous ne conseillons pas l’Inde ou l’Ukraine pour réaliser une GPA. Nous n’avons pas de bons retours d’Inde. Nous ne sommes pas là pour taper sur les parents mais pour sensibiliser les papas intentionnels».

Même son de cloche du côté de l’APGL. Son porte-parole, Mathieu Nocent, renchérit: «Pour qu’il y est légalisation et encadrement de la GPA en France, il est important de ne pas avoir ce type de cas. Clairement, en l’état actuel des choses, nous ne pouvons pas conseiller aux parents intentionnels des destinations à risque comme l’Inde et l’Ukraine. C’est faire prendre beaucoup de risques aux enfants».

«INVENTER UNE LÉGISLATION PROPRE À LA FRANCE»
«Le débat sur le terrain de l’éthique se pose aussi aux États-Unis ou au Canada, nuance Nathalie Mestre, présidente de l’association Les Enfants d’Arc En Ciel. De récents reportages montrent que dans ces pays aussi, certaines femmes porteuses le font aussi en partie pour la compensation financière.» Selon elle, on ne peut pas juger les gens sur le choix du pays: «Quel que soit le pays choisi pour réaliser une GPA, la situation n’est jamais parfaite. Où se situe la frontière en terme d’éthique? Il n’y a pas de bon ou de mauvais choix».

«De toute manière, la GPA telle qu’elle est pratiquée en Inde, en Ukraine ou aux États-Unis ne conviendrait pas pour la France, poursuit-elle. On ne peut pas transvaser les législations d’un pays à un autre. Notre rapport à l’enfant, à l’argent et au médical diffère complètement de ces pays. Il faudrait inventer une législation propre à la France pour encadrer la GPA».

«La vraie question qui se pose, c’est: que faire des enfants nés de GPA en Inde ou en Ukraine? On le voit avec l’histoire de Pierre et Olivier, les autorités françaises font des difficultés pour le rapatriement de ces enfants en France. Or, ils ont un père français, donc ils devraient avoir la nationalité française. Il semble que ce point fasse consensus entre les associations. Nous ne pouvons pas laisser ni abandonner les enfants qui se retrouvent séparés de leurs parents.»

«QUEL SERA DEMAIN LE STATUT JURIDIQUE DE CES ENFANTS?»
Début août, Libération annonçait que la situation semblait s’éclaircir pour Pierre et Olivier. «Le consulat ayant reçu l’ordre de délivrer les laissez-passer, les deux bébés âgés de 3 mois devraient rentrer bientôt en France avec leurs parents», rapportait le quotidien. Optimiste, le journal titrait: «Bébés apatrides nés de mères porteuses: le bout du tunnel».

Plus prudente, Caroline Mécary se borne à indiquer qu’«à ce jour, la situation n’a pas encore trouvé de solution mais nous sommes en train d’élaborer un accord avec les autorités françaises». Le Quai d’Orsay a confirmé ces décisions. «Comme en France la GPA est interdite, on est extrêmement prudent», explique le ministère des Affaires étrangères à Libération pour justifier ses réticences. Et le Quai d’Orsay de s’interroger: «Quel sera demain le statut juridique de ces enfants?».

En attendant, Fabrice R. est retourné en France. Seul. Son enfant, lui, est resté en Inde. Dans ses derniers mails, il fait part de sa lassitude et de sa volonté de rester en retrait «pour ne pas compliquer la situation». Pour lui comme pour d’autres parents, le bout du tunnel est encore loin.

 

ARTICLE de l’express.fr : « Nora Berra reste floue sur les limites de la coparentalité »

« Nora Berra reste floue sur les limites de la coparentalité »


http://www.lexpress.fr/actualite/societe/nora-berra-reste-floue-sur-les-limites-de-la-coparentalite_1015931.html

 

Par Angelina Guiboud, publié le 28/07/2011 à 18:00

 

La secrétaire d’Etat chargée de la Santé a proposé ce mardi, le statut de coparent pour les couples de même sexe. Un projet que ne soutiennent pas les associations de familles homoparentales.

Que regroupe le terme de « coparent » utilisé par Nora Berra? En théorie, un nouveau statut pour les familles homoparentales. En pratique, selon les associations, un écran de fumée. La réactions de Nathalie Mestre, présidente des enfants d’arc-en-ciel.

Soutenez vous le projet de Nora Berra d’instaurer un statut de coparent?

Le statut de coparent sous-entend qu’il est juridiquement inférieur à celui de « l’autre » parent. Ce principe est opposé à nos convictions: nous souhaitons une égalité complète entre les deux parents homosexuels. Ces couples de même sexe ont un projet de parentalité commun et éduquent leurs enfants ensemble. On ne voit donc pas pour quelle raison l’un serait déchu de ses droits. Ce qu’exprime la secrétaire d’Etat est une vision ultra-biologisante de la famille. Dans ce cas, les couples hétérosexuels qui adoptent, n’auraient aucun droit ou devoir sur l’enfant. Ce qui ne serait évidemment pas acceptable…

Pourtant, elle estime vouloir « combler un vide juridique »…

Il est vrai que ce projet limiterait les dégâts par rapport aux situations subies aujourd’hui par les couples homosexuels. Cependant, Nora Berra reste floue sur les contours de cette coparentalité. La secrétaire d’Etat évoque la garde, l’école ou encore la transmission du patrimoine, mais rien de précis en particulier. Ce projet correspond à une réalité juridique mais pas sociale. L’Etat doit désormais travailler sur la notion de parentalité qui va au-delà de la filiation.

"Nora Berra reste floue sur les limites de la coparentalité"DR

Nora Berra n’est pas contre l’adoption par « deux femmes » mais refuse de parler de « deux mères »…

Cette distinction est incompréhensible. Si comme l’affirme la secrétaire d’Etat, l’homoparentalité ne pose aucun problème idéologique, on ne devrait pas parler de « deux parents » mais de « deux mères »! De plus, à aucun moment Nora Berra invoque l’homosexualité masculine. Encore une fois, la secrétaire d’Etat n’ancre pas son discours dans une réalité sociétale.

Avec ce statut de coparents, les familles homoparentales se retrouvent dans la même catégorie que les familles monoparentales. Est-ce problématique?

Le projet manque de cohérence en ce sens. Les familles homoparentales sont composées de deux adultes en charge d’un ou de plusieurs enfants, alors qu’un seul parent compose une famille monoparentale. Et c’est là que le bât blesse. Ne cache-t-on pas derrière de bonnes intentions, une vision archaïque de l’homosexualité et de la famille? Nora Berra déclare ainsi, au début de son interview: « À l’origine il y a un homme et une femme et un modèle qu’on espère voir perdurer ». Un premier pas a été fait, nous aimerions savoir ce qui empêche le gouvernement de légiférer sur l’égalité complète.

 

Article de Yagg :Nora Berra favorable au statut de coparent: les associations plutôt sceptiques

NORA BERRA FAVORABLE AU STATUT DE COPARENT : les associations plutôt sceptiques

http://yagg.com/2011/07/29/nora-berra-favorable-au-statut-de-coparent-les-associations-plutot-sceptiques/

 

Publié par  |   Dans Homoparentalité,Société

 

Le 27 juillet dernier, dans les colonnes de Libération, la secrétaire d’État chargée de la Santé Nora Berra s’est dite favorable au statut de coparent, notamment pour les couples homosexuels (lire: Homoparentalité: Nora Berra est favorable au statut de coparent mais ne veut pas entendre parler de «deux mères»).

Interrogé par Yagg, Hervé Lancelin, coprésident de l’association ADFH(Association des familles homoparentales) salue cette initiative: «C’est encourageant que certaines personnes aient le courage d’exprimer leurs convictions personnelles à ce sujet. Qu’elles soient de droite ou de gauche, nous les défendrons toujours».

STRATÉGIE DE COMMUNICATION?
On peut néanmoins se demander s’il s’agit d’une réelle volonté de changement ou d’une stratégie de communication afin de contrebalancer le concept de «famille durable» que prône actuellement la Droite populaire. Hervé Lancelin «ne pense pas qu’il y ait de stratégie politique en plein été». Il s’agit selon lui «d’une opinion personnelle».

Contacté par Yagg, le porte-parole de l’APGL (Association de parents gays et lesbiens) Mathieu Nocent est d’un tout autre avis: «De la même manière qu’Alain Juppé s’était dit favorable à «quelque chose comme un mariage» pour les couples de même sexe juste après le rejet de la proposition de loi à l’Assemblée nationale par les députes UMP, Nora Berra se dit favorable à un statut du coparent quelques jours après qu’un groupe de 54 députés UMP a présenté – dans un rapport malveillant et mensonger – une vision de la famille extrêmement traditionnelle et passéiste.» (lire: Les députés UMP veulent limiter les droits des pacsés et ceux des célibataires en matière d’adoption). L’APGL a d’ailleurs sollicité Jean-François Copé afin qu’il «se positionne clairement, au nom de l’UMP».

PROPOSITION INSUFFISANTE
Dans un communiqué du 28 juillet, Nathalie Mestre, présidente de l’association Les Enfants d’Arc En Ciel, explique pourquoi le statut de coparent proposé par Nora Berra est insuffisant même s’il constitue une amélioration: «un tel système a ses limites et rejoint la vision biologisante de la famille du rapport présenté par le groupe UMP puisque Mme Berra se dit gênée par l’utilisation de l’expression «deux mères» […] Quelle curieuse conception de l’intérêt de l’enfant que celle qui refuse de voir aussi cette réalité de la famille composée de deux mamans, deux papas ou plus?».

On peut également s’interroger sur le fait que ce soit la secrétaire d’État chargée de la Santé et non celle chargée de la Famille, Claude Greff, qui se soit exprimée. Selon Mathieu Nocent, «cela aurait été probablement trop engageant pour le gouvernement actuel que ce soit la secrétaire d’État à la Famille qui s’exprime en faveur de ce statut de coparent. La position du gouvernement est donc très obscure».

Nora Berra souhaite-t-elle faire oublier sa sortie du 30 mars dernier au Sénat, où elle affirmait que «l’homosexualité est un facteur de risque pour le VIH»? Même si tel est le cas, «nous ne croyons pas qu’une quelconque prise de position favorable à l’avancée des droits pour les homosexuels puisse faire oublier ces propos extrêmement choquants», affirme Mathieu Nocent.

CLAUDE GREFF BOTTE EN TOUCHE
Contacté par Yagg, le service de presse de Claude Greff botte en touche: «Elle a choisi de ne pas répondre suite à l’interview de Nora Berra dans Libération». Lorsqu’on se renseigne sur la position de Claude Greff en ce qui concerne l’homoparentalité, on nous rétorque que «son calendrier est fixé et [qu’]elle n’a pas prévu d’aborder cette question en priorité». Rideau.


 

 

Quand les Enfants d’Arc en Ciel témoigne!

La saison des Prides, le mariage retoqué pour les couples de même sexe, la PMA toujours interdite pour les couples de femmes… Tout ça à moins d’un an de l’élection présidentielle.

L’actualité nous invite à témoigner, à revendiquer et exprimer notre désir de plus de justice et d’égalité, à porter notre demande de plus de droits pour constituer nos familles et pour nos familles déjà existantes!

A. (vice présidente des Enfants d’Arc en Ciel-l’asso!) en parle dans la presse avec sa femme, et sa fille.

 

> Courrier de l’Ouest & Presse Océan- 26  juin 2011

MALOU ET SES DEUX MAMANS

A. et V. sont des mamans comblées. Mais avant d’avoir Malou et bientôt un autre enfant, le parcours a été difficile.

Sébastien BOISNARD

sebastien.boisnard@courrier-ouest.com

A., 36 ans, a donné naissance il y a 7 mois à la petite Malou. V., 37 ans, porte leur deuxième enfant, prévu pour décembre.

A. et V. sont ensemble depuis 12 ans, pacsées depuis 6 ans. A. est urbaniste à Angers, V. sapeur-pompier professionnelle. Elles habitent Mazé (Maine et Loire) et ont promis de se marier »dans la seconde » (!) qui suivra la promulgation de la loi autorisant le mariage homosexuel en France. Il y a cinq ans, A. et V. ont eu le désir de fonder une famille.

« On ne nous empêchera pas d’avoir des bébés »

Mais la loi française ne reconnaît pas la filiation du conjoint de couples homoparentaux. A elles deux, elles pourraient faire vaciller hommes et femmes politiques hostiles au mariage homo et à la possibilité de laisser aux couples gays ou lesbiens de fonder une famille. Leur histoire est exemplaire de ce que vivent nombre de couples en France. Avec un maître-mot : « On ne nous empêchera pas d’avoir des bébés ».

Revenons aux longues années qui ont précédé la naissance de Malou. A. et V. ont d’abord su qu’elles feraient de bons parents. Mais qu’elles auraient recours à des moyens illégaux. En France seulement, car, en Belgique, en Espagne, ou au Portugal, autoriser deux femmes ou deux hommes à se marier et à avoir des enfants est légal. Après des recherches sur Internet, notamment sur le forum né à Nantes (les enfants arc en ciel), A. et V. ont choisi la Belgique. Au premier rendez-vous, elles ont rencontré un psychologue et dû trouver les mots pour expliquer leur désir, avec la peur de dire ce qu’il ne faut pas.

La technique médicale a pris le relais. Dix fois, A. ou V. ont dû partir en toute hâte pour ne pas rater le moment propice à la fécondation médicalement assistée. Las ! Les deux femmes sont allées d’échec en échec. Coût de l’opération infructueuse : « Entre 10 et 15000€ ». Mais A. et V. retiennent le meilleur de l’épreuve. « Ça a cimenté notre amour ».

C’est une rencontre entre amis qui a finalement bouleversé la vie du couple. Les compagnes se souviendront toujours de cette soirée quand, apprenant leurs difficultés à enfanter, l’amie a dit : « Mais, nous sommes prêts à vous aider ». A. et V. ont d’abord répondu qu’elles n’avaient pas envie de rire avec ça. Jusqu’à ce qu’elles découvrent tout le sérieux de la proposition de l’homme et de la femme face à elles. Lui allait faire un don qui allait neuf mois plus tard offrir Malou à ses mamans.

Une solution comme celle-là pose questions, notamment sur l’anonymat du don, qui est la règle en France. Les deux femmes y ont réfléchi et considéré, qu’après tout, c’était bien de savoir d’où venait leur bout de choux, et celui qui va suivre. Pour le plus grand bonheur des grands-parents.

Contact : www.enfants-arcenciel.org

Tel : 06 13 54 33 86

> Le Monde-25 juin 2011

Les vrais-faux mariages homos

Ils portent tous deux à la main gauche une alliance qu’ils ont échangée un jour de printemps, dans la salle des mariages de la mairie du XXe arrondissement, à Paris. Ce jour-là, ils portaient de jolies cravates, leurs parents étaient assis au premier rang, et ils ont quitté les lieux sous une pluie de riz. « C’était très émouvant et très gai, mais ce n’était pas un mariage, précise Nicolas Martin. La mairie du XXe organise des cérémonies pour les couples qui ont signé un pacte civil de solidarité. Nous en avions demandé une. »

 

La vraie signature du pacs, elle, a eu lieu le 22 avril 2010 dans un tribunal d’instance parisien. Sur la photo prise ce jour-là, Nicolas Martin et Charly Bordier sont assis sur des chaises en plastique, dans un long couloir, à côté d’un extincteur rouge : ils attendent que la greffière leur fasse signer le contrat. « Evidemment, ce n’était pas vraiment la fête, soupire Charly Bordier. La greffière nous a raconté que certains couples, pour que ce soit moins sinistre, organisent des petites cérémonies improvisées dans son bureau. Avec gâteau ! »

Charly Bordier est cuisinier dans un restaurant traiteur parisien, Nicolas Martin est producteur de radio. Ils vivent ensemble depuis plusieurs années, mais ils souhaitaient faire reconnaître leur union. « On est comme tout le monde !, explique Nicolas Martin. On a envie de dire qu’on forme un couple solide, qu’il ne s’agit pas d’une « aventurette ». Un engagement, cela consolide ce que l’on ressent. C’est une façon de dire à la société tout entière : c’est avec Charly que je souhaite construire ma vie. »

Mais la France n’est pas l’Espagne, la Norvège, le Portugal, la Belgique, les Pays-Bas ou la Suède : dans l’Hexagone, les homosexuels ne peuvent pas se marier. Ce fut donc le pacs, mais un pacs fêté en grande pompe dans une église du XIIe siècle transformée en salle des fêtes. Cent vingt invités, un vin d’honneur dans une cave tourangelle et un énorme gâteau : « C’était le pacs le plus « hétéronormé » de l’histoire de la création !, s’amuse Nicolas. On nous a demandé un discours, on a bafouillé un peu, et finalement, on a simplement remercié tous ceux qui étaient là de nous accepter tels qu’on était. C’est ça, le droit à l’indifférence. »

Organiser une belle cérémonie, envoyer des dizaines de faire-part, réunir sa famille et ses proches : en célébrant leur union avec faste, Charly et Nicolas espéraient briser le silence gêné qui entoure parfois certains couples homosexuels. Charly se souvient avec amertume des conseils que lui avait un jour prodigués un proche. « Tu n’es pas obligé d’en parler : tu peux le vivre et présenter ton compagnon comme un copain. Tout le monde comprendra mais ce ne sera pas dit, c’est beaucoup plus simple. »

Charly et Nicolas avaient, eux, envie de le dire. Et en le disant, ils ont obligé leurs proches à en faire autant. « Mes parents, qui habitent à la campagne, en ont évidemment parlé autour d’eux, raconte Charly. Tout le canton était au courant : avec une cérémonie, on ne peut pas se taire. » La fête a cependant fait grincer quelques dents : en début de soirée, la grand-mère de Charly a refusé d’adresser la parole à Nicolas. Mais, elle a fini par lui dire qu’elle était désolée, que c’était dur pour elle et qu’elle le considérait comme son petit-fils.

A. et V., elles aussi, ont envie de vivre à visage découvert. « Il ne s’agit pas de provoquer, il s’agit simplement de se comporter normalement, sans s’obliger forcément à être discrètes, explique A. On ne fait pas de prosélytisme, et d’ailleurs, on n’a pas choisi d’être homosexuelles. Le seul choix qui s’offre à nous, c’est d’accepter, ou non, de le vivre. Ça n’a pas toujours été simple mais, V. et moi, nous avons choisi de le vivre pleinement et d’être heureuses. Et nous le sommes ! »

A., qui est urbaniste, et V., qui est capitaine de sapeurs-pompiers, vivent dans un petit village de 400 habitants, non loin d’Angers. Depuis qu’elles se sont installées à la campagne, elles n’ont jamais subi de remarques déplaisantes. A. est élue municipale et leur fille Malou est inscrite chez une assistante maternelle du village. « Il n’y a eu aucun problème, elle s’est montrée très accueillante, raconte A.. Elle nous a juste demandé comment nous voulions être appelées – maman ou autre chose – et ce que nous faisions pour la fête des mères. »

Lorsqu’elles se sont pacsées, il y a six ans, A. et V. ont, comme Charly Bordier et Nicolas Martin, choisi de célébrer leur union avec éclat : elles ont échangé leurs alliances lors d’une croisière sur la Loire avant de réunir plus d’une centaine d’amis et de proches dans un ancien moulin. « J’ai été élevée dans une famille traditionnelle, et j’aurais évidemment préféré le mariage, précise V.. Le greffe du tribunal, c’est plutôt pour les divorces ou les bêtises ! Nous avons opté pour le pacs par défaut, mais nous avons organisé une superfête, qui s’est terminée à 7 heures du matin ! »

Aujourd’hui, A. et V. aimeraient se marier. Pour de bon, cette fois. Parce que le mariage offre plus de droits que le pacs, parce qu’il permet de porter le même nom, et parce que sa portée symbolique est plus forte. « Certains disent que le mariage, c’est dépassé, mais pas pour nous !, sourit A.. Ça le sera peut-être dans quelques siècles, mais aujourd’hui, pour un homosexuel, ça ne peut pas être ringard : nous n’y avons pas encore droit ! Et puis, avoir envie de se marier après onze ans de vie commune, c’est chouette, non ? »

Anne Chemin Article paru dans l’édition du 25.06.11

> Ouest-France-10 juin 2011

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pourquoi A. rêve de se marier avec V. – Angers

vendredi 10 juin 2011


 

Alors que le mariage homosexuel ne devrait pas être autorisé, lors d’un vote à l’hémicycle mardi prochain, deux Angevines poussent un cri de révolte et pointent le doigt sur les législateurs.

Si le mariage est adopté, on se marie dans la seconde qui suit ! C’est un symbole fort, une reconnaissance de l’union. Avec V., nous nous sommes pacsés il y a six ans parce que nous n’avions pas le choix. Mais le pacs, c’est seulement quelques miettes qu’on nous a données. Hormis partager notre feuille d’impôt, il ne nous donne aucun droit.

Je trouve quand même ahurissant qu’en 2011, on refuse des droits à un couple composé de deux personnes du même sexe. J’entends bien que certains ne comprennent pas. Mais nous avons tous les mêmes devoirs : nous payons les mêmes impôts, nous votons. Il n’y a pas un code de la route spécial pour nous, alors pourquoi la question du mariage homosexuel se pose-t-elle ? L’État continue de conserver des discriminations pesantes. En revanche, la société avance nettement ces dernières années. Elle reconnaît notamment les familles monoparentales ou biculturelles et elle est aujourd’hui prête à accepter le mariage homosexuel. Ce sont les législateurs, les « costards-cravates » de Paris, qui restent bloqués sur les vieux schémas et qui continuent de le refuser et de stigmatiser une partie de la population.

Pourtant, on ne choisit pas de devenir homosexuel, comme on ne décide pas d’être hétéro ou d’avoir les yeux bleus. Le choix, c’est de l’accepter ou pas. Face à cette situation, nous ne sommes pas tous armés de la même manière. Certains le vivent très mal et cela peut parfois les conduire jusqu’au suicide. Les choses seraient certainement différentes si le mariage était reconnu.

Mamans toutes les deux

En ce qui nous concerne, nous avons toujours assumé et n’avons jamais caché notre histoire. Nos familles, nos proches, nos collègues nous ont entourés et appuyés.

Aujourd’hui, on vit très bien, comme n’importe quel autre couple avec un boulot, des projets et des enfants. Nous avons une petite fille de deux ans que j’ai portée et V. attend un autre enfant pour décembre prochain. Nous voulions chacune vivre une grossesse. Nous avons eu recours au même donneur, un ami, pour que nos enfants aient un lien biologique.

Mais nous devons faire face à des situations particulières et douloureuses. Quand nous avons assisté aux cours de préparation à l’accouchement pour notre première fille, nous étions avec deux autres couples hétérosexuels. Plus tard, la sage-femme nous a pris à part en nous disant que nous serions plus à l’aise si elle nous voyait séparément. Or, nous étions très décontractées. C’était elle et les autres parents qui étaient gênés, pas nous. Les cas comme celui-ci sont rares, mais ils existent.

On en arrive parfois à être nous-même réticentes. Quand nous avons eu envie d’aller habiter à la campagne, on a eu une appréhension sur le monde rural. On avait peur d’être lynchées. Mais c’est tout le contraire. Nous nous sommes très bien intégrées. Les habitants m’ont même sollicité pour rejoindre le conseil municipal. C’est ça notre conception de la société, c’est le vivre ensemble. On ne cherche à convertir personne. Nous savons que nous restons en minorité et que la majorité des couples en France sont hétérosexuels, mais ça ne nous pose aucun problème.

Aujourd’hui, le débat sur le mariage homosexuel a le mérite d’être mis à l’ordre du jour à l’Assemblée nationale. Mais à l’approche des élections présidentielles, je pense que les élus ne se mouilleront pas.

Propos recueillis par

Émilie WEYNANTS

Article de la Dépêche : Homoparentalité – un couple de Muretaines raconte

témoignage

Publié le 17/06/2011 08:14 | Propos recueillis par Cécile Bousquet

C’est un foyer homoparental muretain, celui de Sara et Chrystel, mamans d’une petite fille qui seront en tête du cortège de l a Gay Pride de samedi à Toulouse.

Cette année le Festival des fiertés LGBT, plus connu sous le nom de « Gay Pride » se clôturera par une marche dans les rues de Toulouse, le 18 juin, avec une particularité pour cette édition 2011: un rassemblement de poussettes en tête de cortège. Entretien avec Sara et Chrystel, mamans de la petite Fany, un an, un foyer homoparental de Muret.

Comment est née l’idée de créer un rassemblement de poussettes?

Les médias s’attardent souvent sur l’aspect festif du cortège et sur son lot de fantaisies. Or cette marche, mise en œuvre par l’association « Arc en Ciel », est avant tout l’occasion de regrouper les associations, les commerces « gay friendly » et de mettre en avant nos revendications, le tout avec le soutien des élus locaux. L’association « Les Enfants d’Arc en Ciel », qui participe à l’organisation de la marche, a voulu créer un événement autour de l’homoparentalité et du mariage gay, récemment au cœur des débats à l’Assemblée Nationale.

Quel message portez-vous?

Il faut légiférer sur ces questions là. La situation devient ridicule tellement l’hypocrisie est portée à son paroxysme! L’administration nous donne l’autorité parentale, on nous reconnaît lorsqu’il s’agit des impôts ou de la sécurité sociale mais on nous refuse encore le mariage. Aujourd’hui il n’y a plus d’arguments valides et le discours récent de Mme Barège prouve bien qu’il ne reste plus que des préjugés et de l’intolérance. Il est donc important de se montrer et de ne plus vivre cacher. Nous sommes des familles comme les autres, avec les mêmes priorités concernant nos enfants. Ce combat, nous le menons pour eux.

Quelles difficultés rencontrez-vous?

Les enfants de familles homoparentales sont confrontés à une forme d’injustice car l’autorité parentale prend fin à leur majorité. A titre personnel, lorsque nous avons fait construire notre maison, nous nous sommes rendues compte de certaines failles comme celle du droit de succession. Seul le mariage pourrait résoudre ce problème et faire de nous une famille à part entière.

Comment se porte votre famille?

Nous avons 3 enfants, dont 2 d’une précédentes union. Nous vivons comme tout le monde: le travail, l’école, les devoirs pour les enfants, les factures, les vacances, etc. Notre combat est avant tout administratif car nous bénéficions d’un large soutien, notamment au niveau des parents d’élèves. Engagées dans plusieurs associations, nous aidons les familles homoparentales dans leurs démarches pour obtenir l’autorité parentale, nous répondons à leurs questions et témoignons de notre histoire. Nos enfants se sentent bien et ne rencontrent pas de problèmes particuliers. Fany a beaucoup d’importance pour les aînés, elle est une fierté. Ils sont spontanés, ils ne militent pas, ils vivent simplement et pour eux c’est une évidence: nous sommes une famille.

http://www.ladepeche.fr/article/2011/06/17/1108613-homoparentalite-un-couple-de-muretaines-raconte.html

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