Quels choix de parentalité pour les familles?

29 juillet 2011 Les combats, parentalité-parenté

Quels choix de parentalité pour les familles? :
Maman / papa durable ou co-maman / co-papa ?

COMMUNIQUE DE PRESSE
Le jeudi 28 juillet 2011

L’intérêt de l’enfant : le statut de co-parent (sic)


Nos enfants n’ont qu’à bien se tenir parce que l’unité, au sein de l’UMP, fait rage sur les questions de famille. A la « promotion de la famille durable » semblerait s’opposer une vision plus ouverte, plus réaliste : celle de Mme Nora Berra, secrétaire d’Etat à la Santé.

 

Le 13 juillet 2011 un rapport d’un groupe de travail « famille » était présenté par l’UMP.
Le 27 juillet Nora Berra propose, dans une interview accordée à Libération, un statut de co-parent « pour combler un vide juridique ».

 

Un Modèle Familial qui reste celui de l’homme et de la femme


Dans le rapport « famille »,  nous apprenions que la norme juridique se construit sur une logique majoritaire et non sur celle de droit commun, ignorant ainsi la nécessaire protection de tous.
Madame Nora Berra semble donc dénoncer cette perception en rappelant que « les familles homoparentales sont une réalité » et qu’il est de la responsabilité de l’Etat d’en tenir compte.
Certes ! Mais que dit-elle ?

 

«  À l’origine il y a un homme et une femme et un modèle qu’on espère voir perdurer. »
Etrange commentaire qui ressemble à s’y méprendre au contenu du rapport sur la famille prônant la nécessaire altérité d’un homme et d’une femme et la pérennisation de ce Modèle.

 

Dans un pays de libertés de choix, ces propos ne sont évidemment pas admissibles. Oui, les familles homoparentales existent : ce modèle-ci ne mérite de perdurer au même titre que d’autres modèles existant dans notre société (familles monoparentales, familles recomposées…)
N’ayons crainte ! La population homosexuelle ne représente guère plus de 5 % de la population totale et elle tend à se reproduire difficilement. La famille hétéroparentale a encore de beaux jours devant elle !

 

Auto-satisfaction et vision biologisante de la famille


La première « préoccupation » de Me Berra, « ce sont les enfants ». Elle propose donc la création d’un statut de co-parent comme une « réponse satisfaisante » concernant les « (…) les couples de même sexe ». Ce statut serait « inaliénable » – c’est-à-dire « à vie » – et permettrait de partager l’autorité parentale et la transmission du patrimoine.
S’il est indéniable qu’un tel statut pourrait améliorer le quotidien des familles homoparentales, il reste insuffisant. En effet, un tel système a ses limites et rejoint la vision biologisante de la famille du  rapport présenté par le groupe UMP puisque Mme Berra se dit gênée par l’utilisation de l’expression « deux mères ».
Nous ne pouvons que nous interroger sur cette réserve et donc sur la signification de ce que défini le terme « co-parent ».

 

Quelle curieuse conception de l’Intérêt de l’enfant que celle qui refuse de voir aussi cette réalité de la famille composée de deux mamans, deux papas ou plus ? D’autant que nous apprenons que « l’un serait le parent légal, l’autre le co-parent ».

 

Quelle générosité pour les enfants de couples de même sexe : dans les cours de récréation, ils pourront désormais dire que, eux, ils ont une co-maman ou un co-papa durable !
Et surtout ne bousculons pas les normes juridiques actuelles qui s’organisent pour faire croire à une parenté qui ne peut être que biologique. Non les enfants adoptés ou nés grâce à la Procréation Médicalement Assistée ne sont pas biologiquement nés de leurs parents !
Non les parents de même sexe ne font pas croire à leurs enfants qu’ils sont nés de deux hommes ou de deux femmes !

 

Nécessité de faire évoluer la norme juridique organisant la filiation


La question qui se pose ici, est simplement la définition de ce qui fait famille et de ce qui crée la filiation. La réalité sociale et juridique nous montre que ce qui fait famille est à la fois le législateur mais aussi l’implication parentale et ce, indépendamment des liens biologiques. En revanche ce qui crée la filiation n’est nul autre que la loi.

 

Depuis la dépénalisation de l’homosexualité, sa dépsychiatrisation et ces mesures juridiques luttant contre l’homophobie, le législateur tente nous faire croire que les homosexuels sont des citoyens comme les autres.
Or la loi continue de discriminer en restreignant l’accès à certains droits à une partie de sa population.
L’accès à la parentalité et à la parenté sont aujourd’hui régis par une norme juridique qu’il est grand temps de modifier.

 

La prise en compte de la réalité sociale ne se résume pas à « combler un vide juridique » mais aussi à respecter les libertés de choix des individus « libres et égaux en droits ».

 

Les Enfants d’Arc En Ciel – l’Asso ! s’interroge donc, à dix mois des présidentielles et au vu de ces différentes déclarations, sur la position officielle de l’UMP concernant les questions de familles et de parentalité.  Nous ne manquerons pas, par ailleurs, d’interpeller l’ensemble de la classe politique sur ces questions.


Les Enfants d’Arc En Ciel rappellent qu’ils ne souhaitent pas un statut différent mais bien une égalité de droits en ce qui concerne l’accès à la parenté ( et donc à la filiation) et la parentalité (adoption, PMA).

 


Nathalie Mestre                       Amantine Revol

Présidente                                  Vice-présidente

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