La saison des Prides, le mariage retoqué pour les couples de même sexe, la PMA toujours interdite pour les couples de femmes… Tout ça à moins d’un an de l’élection présidentielle.

L’actualité nous invite à témoigner, à revendiquer et exprimer notre désir de plus de justice et d’égalité, à porter notre demande de plus de droits pour constituer nos familles et pour nos familles déjà existantes!

A. (vice présidente des Enfants d’Arc en Ciel-l’asso!) en parle dans la presse avec sa femme, et sa fille.

 

> Courrier de l’Ouest & Presse Océan- 26  juin 2011

MALOU ET SES DEUX MAMANS

A. et V. sont des mamans comblées. Mais avant d’avoir Malou et bientôt un autre enfant, le parcours a été difficile.

Sébastien BOISNARD

sebastien.boisnard@courrier-ouest.com

A., 36 ans, a donné naissance il y a 7 mois à la petite Malou. V., 37 ans, porte leur deuxième enfant, prévu pour décembre.

A. et V. sont ensemble depuis 12 ans, pacsées depuis 6 ans. A. est urbaniste à Angers, V. sapeur-pompier professionnelle. Elles habitent Mazé (Maine et Loire) et ont promis de se marier »dans la seconde » (!) qui suivra la promulgation de la loi autorisant le mariage homosexuel en France. Il y a cinq ans, A. et V. ont eu le désir de fonder une famille.

« On ne nous empêchera pas d’avoir des bébés »

Mais la loi française ne reconnaît pas la filiation du conjoint de couples homoparentaux. A elles deux, elles pourraient faire vaciller hommes et femmes politiques hostiles au mariage homo et à la possibilité de laisser aux couples gays ou lesbiens de fonder une famille. Leur histoire est exemplaire de ce que vivent nombre de couples en France. Avec un maître-mot : « On ne nous empêchera pas d’avoir des bébés ».

Revenons aux longues années qui ont précédé la naissance de Malou. A. et V. ont d’abord su qu’elles feraient de bons parents. Mais qu’elles auraient recours à des moyens illégaux. En France seulement, car, en Belgique, en Espagne, ou au Portugal, autoriser deux femmes ou deux hommes à se marier et à avoir des enfants est légal. Après des recherches sur Internet, notamment sur le forum né à Nantes (les enfants arc en ciel), A. et V. ont choisi la Belgique. Au premier rendez-vous, elles ont rencontré un psychologue et dû trouver les mots pour expliquer leur désir, avec la peur de dire ce qu’il ne faut pas.

La technique médicale a pris le relais. Dix fois, A. ou V. ont dû partir en toute hâte pour ne pas rater le moment propice à la fécondation médicalement assistée. Las ! Les deux femmes sont allées d’échec en échec. Coût de l’opération infructueuse : « Entre 10 et 15000€ ». Mais A. et V. retiennent le meilleur de l’épreuve. « Ça a cimenté notre amour ».

C’est une rencontre entre amis qui a finalement bouleversé la vie du couple. Les compagnes se souviendront toujours de cette soirée quand, apprenant leurs difficultés à enfanter, l’amie a dit : « Mais, nous sommes prêts à vous aider ». A. et V. ont d’abord répondu qu’elles n’avaient pas envie de rire avec ça. Jusqu’à ce qu’elles découvrent tout le sérieux de la proposition de l’homme et de la femme face à elles. Lui allait faire un don qui allait neuf mois plus tard offrir Malou à ses mamans.

Une solution comme celle-là pose questions, notamment sur l’anonymat du don, qui est la règle en France. Les deux femmes y ont réfléchi et considéré, qu’après tout, c’était bien de savoir d’où venait leur bout de choux, et celui qui va suivre. Pour le plus grand bonheur des grands-parents.

Contact : www.enfants-arcenciel.org

Tel : 06 13 54 33 86

> Le Monde-25 juin 2011

Les vrais-faux mariages homos

Ils portent tous deux à la main gauche une alliance qu’ils ont échangée un jour de printemps, dans la salle des mariages de la mairie du XXe arrondissement, à Paris. Ce jour-là, ils portaient de jolies cravates, leurs parents étaient assis au premier rang, et ils ont quitté les lieux sous une pluie de riz. « C’était très émouvant et très gai, mais ce n’était pas un mariage, précise Nicolas Martin. La mairie du XXe organise des cérémonies pour les couples qui ont signé un pacte civil de solidarité. Nous en avions demandé une. »

 

La vraie signature du pacs, elle, a eu lieu le 22 avril 2010 dans un tribunal d’instance parisien. Sur la photo prise ce jour-là, Nicolas Martin et Charly Bordier sont assis sur des chaises en plastique, dans un long couloir, à côté d’un extincteur rouge : ils attendent que la greffière leur fasse signer le contrat. « Evidemment, ce n’était pas vraiment la fête, soupire Charly Bordier. La greffière nous a raconté que certains couples, pour que ce soit moins sinistre, organisent des petites cérémonies improvisées dans son bureau. Avec gâteau ! »

Charly Bordier est cuisinier dans un restaurant traiteur parisien, Nicolas Martin est producteur de radio. Ils vivent ensemble depuis plusieurs années, mais ils souhaitaient faire reconnaître leur union. « On est comme tout le monde !, explique Nicolas Martin. On a envie de dire qu’on forme un couple solide, qu’il ne s’agit pas d’une « aventurette ». Un engagement, cela consolide ce que l’on ressent. C’est une façon de dire à la société tout entière : c’est avec Charly que je souhaite construire ma vie. »

Mais la France n’est pas l’Espagne, la Norvège, le Portugal, la Belgique, les Pays-Bas ou la Suède : dans l’Hexagone, les homosexuels ne peuvent pas se marier. Ce fut donc le pacs, mais un pacs fêté en grande pompe dans une église du XIIe siècle transformée en salle des fêtes. Cent vingt invités, un vin d’honneur dans une cave tourangelle et un énorme gâteau : « C’était le pacs le plus « hétéronormé » de l’histoire de la création !, s’amuse Nicolas. On nous a demandé un discours, on a bafouillé un peu, et finalement, on a simplement remercié tous ceux qui étaient là de nous accepter tels qu’on était. C’est ça, le droit à l’indifférence. »

Organiser une belle cérémonie, envoyer des dizaines de faire-part, réunir sa famille et ses proches : en célébrant leur union avec faste, Charly et Nicolas espéraient briser le silence gêné qui entoure parfois certains couples homosexuels. Charly se souvient avec amertume des conseils que lui avait un jour prodigués un proche. « Tu n’es pas obligé d’en parler : tu peux le vivre et présenter ton compagnon comme un copain. Tout le monde comprendra mais ce ne sera pas dit, c’est beaucoup plus simple. »

Charly et Nicolas avaient, eux, envie de le dire. Et en le disant, ils ont obligé leurs proches à en faire autant. « Mes parents, qui habitent à la campagne, en ont évidemment parlé autour d’eux, raconte Charly. Tout le canton était au courant : avec une cérémonie, on ne peut pas se taire. » La fête a cependant fait grincer quelques dents : en début de soirée, la grand-mère de Charly a refusé d’adresser la parole à Nicolas. Mais, elle a fini par lui dire qu’elle était désolée, que c’était dur pour elle et qu’elle le considérait comme son petit-fils.

A. et V., elles aussi, ont envie de vivre à visage découvert. « Il ne s’agit pas de provoquer, il s’agit simplement de se comporter normalement, sans s’obliger forcément à être discrètes, explique A. On ne fait pas de prosélytisme, et d’ailleurs, on n’a pas choisi d’être homosexuelles. Le seul choix qui s’offre à nous, c’est d’accepter, ou non, de le vivre. Ça n’a pas toujours été simple mais, V. et moi, nous avons choisi de le vivre pleinement et d’être heureuses. Et nous le sommes ! »

A., qui est urbaniste, et V., qui est capitaine de sapeurs-pompiers, vivent dans un petit village de 400 habitants, non loin d’Angers. Depuis qu’elles se sont installées à la campagne, elles n’ont jamais subi de remarques déplaisantes. A. est élue municipale et leur fille Malou est inscrite chez une assistante maternelle du village. « Il n’y a eu aucun problème, elle s’est montrée très accueillante, raconte A.. Elle nous a juste demandé comment nous voulions être appelées – maman ou autre chose – et ce que nous faisions pour la fête des mères. »

Lorsqu’elles se sont pacsées, il y a six ans, A. et V. ont, comme Charly Bordier et Nicolas Martin, choisi de célébrer leur union avec éclat : elles ont échangé leurs alliances lors d’une croisière sur la Loire avant de réunir plus d’une centaine d’amis et de proches dans un ancien moulin. « J’ai été élevée dans une famille traditionnelle, et j’aurais évidemment préféré le mariage, précise V.. Le greffe du tribunal, c’est plutôt pour les divorces ou les bêtises ! Nous avons opté pour le pacs par défaut, mais nous avons organisé une superfête, qui s’est terminée à 7 heures du matin ! »

Aujourd’hui, A. et V. aimeraient se marier. Pour de bon, cette fois. Parce que le mariage offre plus de droits que le pacs, parce qu’il permet de porter le même nom, et parce que sa portée symbolique est plus forte. « Certains disent que le mariage, c’est dépassé, mais pas pour nous !, sourit A.. Ça le sera peut-être dans quelques siècles, mais aujourd’hui, pour un homosexuel, ça ne peut pas être ringard : nous n’y avons pas encore droit ! Et puis, avoir envie de se marier après onze ans de vie commune, c’est chouette, non ? »

Anne Chemin Article paru dans l’édition du 25.06.11

> Ouest-France-10 juin 2011

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pourquoi A. rêve de se marier avec V. – Angers

vendredi 10 juin 2011


 

Alors que le mariage homosexuel ne devrait pas être autorisé, lors d’un vote à l’hémicycle mardi prochain, deux Angevines poussent un cri de révolte et pointent le doigt sur les législateurs.

Si le mariage est adopté, on se marie dans la seconde qui suit ! C’est un symbole fort, une reconnaissance de l’union. Avec V., nous nous sommes pacsés il y a six ans parce que nous n’avions pas le choix. Mais le pacs, c’est seulement quelques miettes qu’on nous a données. Hormis partager notre feuille d’impôt, il ne nous donne aucun droit.

Je trouve quand même ahurissant qu’en 2011, on refuse des droits à un couple composé de deux personnes du même sexe. J’entends bien que certains ne comprennent pas. Mais nous avons tous les mêmes devoirs : nous payons les mêmes impôts, nous votons. Il n’y a pas un code de la route spécial pour nous, alors pourquoi la question du mariage homosexuel se pose-t-elle ? L’État continue de conserver des discriminations pesantes. En revanche, la société avance nettement ces dernières années. Elle reconnaît notamment les familles monoparentales ou biculturelles et elle est aujourd’hui prête à accepter le mariage homosexuel. Ce sont les législateurs, les « costards-cravates » de Paris, qui restent bloqués sur les vieux schémas et qui continuent de le refuser et de stigmatiser une partie de la population.

Pourtant, on ne choisit pas de devenir homosexuel, comme on ne décide pas d’être hétéro ou d’avoir les yeux bleus. Le choix, c’est de l’accepter ou pas. Face à cette situation, nous ne sommes pas tous armés de la même manière. Certains le vivent très mal et cela peut parfois les conduire jusqu’au suicide. Les choses seraient certainement différentes si le mariage était reconnu.

Mamans toutes les deux

En ce qui nous concerne, nous avons toujours assumé et n’avons jamais caché notre histoire. Nos familles, nos proches, nos collègues nous ont entourés et appuyés.

Aujourd’hui, on vit très bien, comme n’importe quel autre couple avec un boulot, des projets et des enfants. Nous avons une petite fille de deux ans que j’ai portée et V. attend un autre enfant pour décembre prochain. Nous voulions chacune vivre une grossesse. Nous avons eu recours au même donneur, un ami, pour que nos enfants aient un lien biologique.

Mais nous devons faire face à des situations particulières et douloureuses. Quand nous avons assisté aux cours de préparation à l’accouchement pour notre première fille, nous étions avec deux autres couples hétérosexuels. Plus tard, la sage-femme nous a pris à part en nous disant que nous serions plus à l’aise si elle nous voyait séparément. Or, nous étions très décontractées. C’était elle et les autres parents qui étaient gênés, pas nous. Les cas comme celui-ci sont rares, mais ils existent.

On en arrive parfois à être nous-même réticentes. Quand nous avons eu envie d’aller habiter à la campagne, on a eu une appréhension sur le monde rural. On avait peur d’être lynchées. Mais c’est tout le contraire. Nous nous sommes très bien intégrées. Les habitants m’ont même sollicité pour rejoindre le conseil municipal. C’est ça notre conception de la société, c’est le vivre ensemble. On ne cherche à convertir personne. Nous savons que nous restons en minorité et que la majorité des couples en France sont hétérosexuels, mais ça ne nous pose aucun problème.

Aujourd’hui, le débat sur le mariage homosexuel a le mérite d’être mis à l’ordre du jour à l’Assemblée nationale. Mais à l’approche des élections présidentielles, je pense que les élus ne se mouilleront pas.

Propos recueillis par

Émilie WEYNANTS

Prés d’une quarantaine de personnes sont venues écouter Martine GROSS à Angers.

Dans le cadre de la semaine de la Lesbien&Gay Pride d’Angers, Les Enfants d’Arc en Ciel-l’asso! en partenariat avec Quazar (Centre LGBT) ont accueilli, lundi 20 juin à 19h30 Martine GROSS, pour une conférence intitulée « Homoparentalité, ou en est-on? ».

La Ville d’Angers, qui, représentée par son Maire Mr Antonini, était présente lors de la Lesbien and Gay Pride de samedi dernier, a décidée de soutenir cette initiative en accueillant la conférence à l’Institut Municipal d’Angers.

Autour de Martine GROSS, Les Enfants d'Arc en Ciel-l'asso! (A. Revol) et Quazar (S. Corbin)

Prés d’une quarantaine de participants concentrés a pu fait le point autour de Martine GROSS sur le plan législatif et pratique portant sur l’homoparentalité, thème qui recouvre des réalités multiples : projets de co-parentalité, adoption plénière et simple, assistance médicale à la procréation, gestation pour autrui, filiation, statut du tiers, autorité parentale, pour n’en citer que quelques-un.

Les questions ont été riches et nombreuses, et plus d’une heure de débat à suivi l’heure de présentation. La connaissance et le retour d’expérience de la sociologue ont été très appréciés. Nous avons également pu répondre à un certains nombres de questions concernant Les Enfants d’Arc en Ciel-l’asso! A noter également que nous nous réjouissons de la présence d’un public mixte à tout point de vue : homme/femme, couple/célibataire, en parcours/avec enfants.

Martine GROSS, sociologue,chercheur au CNRS

Martine GROSS ingénieure de recherche en sciences sociales au CNRS, elle a également une formation de psychologue clinicienne et de thérapeute familiale. Spécialiste de la question homoparentale, elle a présidé l’Association des Parents Gays et Lesbiens (APGL) entre 1999 et 2003 et est l’auteure de nombreux ouvrages.

Les Enfants d’Arc-en-Ciel-l’asso!, qui existe au niveau national depuis 4 ans, est une toute nouvelle association sur Angers qui a pris adresse au Centre LGBT angevin, permettant ainsi à l’association Quazar de véritablement jouer son rôle d’accueil des associations LGBT sur Angers.

Rencontre avec Martine Gross

L’antenne Aquitaine des Enfants d’arc en ciel s’est associée avec l’antenne Aquitaine APGL pour organiser une rencontre avec Martine Gross le 25 juin prochain à Bordeaux.
La soirée commencera par une intervention de sa part sur les familles homoparentales  :

– désir d’enfants

– droits des parents sociaux

– institutions

– idées reçues…

Nous pourrons ensuite échanger autour d’un verre avec elle.

pour tous renseignements contacter l’Antenne Aquitaine : aquitaine@enfants-arcenciel.org

Dis moi, comment on fait les bébés !?

L’antenne Centre des Enfants d’Arc En Ciel vous convie à une rencontre-débat organisée avec le Groupe Action Gay et Lesbien Loiret (GAGL 45-CLGBT d’Orléans)

le vendredi 24 juin 2011
à 20h30
à Espace 28 Bis, Rue Sainte Anne à Orléans (45)

Comment fait-on les bébés ?

Comment, où et avec quelles conditions les homosexuels accèdent-ils à la parentalité ? Insémination, Fécondation In vitro, Coparentalité, adoption…
Le GAGL45-CLGBT d’Orléans et les Enfants d’Arc-En-Ciel-l’asso ! vous proposent lors d’une rencontre conviviale d’échanger, sur les possibles en France, en Europe, de vous renseigner sur les méthodes… Si vous vous posez des questions, si vous êtes en démarches, si vous connaissez des personnes intéressées mais encore indécises, venez et accompagnez-les le vendredi 24 juin 2011 à 20h30 au 28bis rue Ste Anne à Orléans.

Tout le monde peut participer à cette action de l’association, adhérents ou non adhérents.

Pour tout renseignements contacter l’Antenne Centre : centre@enfants-arcenciel.org

ANGERS-Débat Homoparentalité-20 juin

Dans le cadre de la semaine de la LGBT Pride d’Angers, les Enfants d’Arc en Ciel-l’asso!, en partenariat avec le Centre LGBT d’Angers, vous propose un débat le lundi 20 juin 2011 à 19h30 à l’Institut Municipal d’Angers, place St-Eloi.

« Homoparentalité, ou en est-on? »

Ce sera pour nous, en compagnie de Martine Gross, sociologue (CNRS) et auteure de plusieurs ouvrages sur la question de l’homoparentalité et présidente d’honneur de l’APGL, de faire le point sur notre homoparentalité en 2011 :
– Combien sommes-nous?
– Qui sommes- nous? Quelles familles formons-nous?
– Comment entendons nous notre projet de parentalité?
– Comment vivons nous notre homoparentalité?
– La famille, les projets de familles homoparentales évoluent-ils?

Cette présentation sera suivi d’un débat.

Vous y retrouverez également le stand des Enfants d’Arc en Ciel-l’asso!.

Alors, à vos agenda! Nous vous y attendons nombreux et nombreuses!
Pour tous renseignements :             06.13.54.33.86

L’antenne Pays de Loire de l’association vous convie à participer à la Marche d’Angers le samedi 18 juin 2011

Un pique nique est organisé à midi au « Pride cafe » sur le village associatif (prés du théâtre le quais)
Départ et rendez –vous à 14h pour le début de la Marche derrière la banderole des Enfants d’Arc en Ciel-l’asso!

Pour plus d’informations contactez l’Antenne Pays de Loire : paysdelaloire@enfants-arcenciel.org

Ou inscrivez-vous sur notre forum :
en cliquant ici

L’antenne Midi Pyrénées de l’association vous convie à participer à la Marche de Toulouse le samedi 18 juin

Un  mot d’ordre

EN 2011 JE MARCHE, EN 2012 JE VOTE

Départ 14h du pont neuf
Un rassemblement de poussette et d’enfants de tout âge est proposé: une occasion unique de montrer que nous sommes nombreux (et nombreuses!!)
Les enfants d’arc en ciel seront présent sur le village associatif place du capitole toute la journée.

Pour plus d’informations contactez l’Antenne Midi Pyrénées : midi-pyrenees@enfants-arcenciel.org

Ou inscrivez-vous sur notre forum :
en cliquant ici

témoignage

Publié le 17/06/2011 08:14 | Propos recueillis par Cécile Bousquet

C’est un foyer homoparental muretain, celui de Sara et Chrystel, mamans d’une petite fille qui seront en tête du cortège de l a Gay Pride de samedi à Toulouse.

Cette année le Festival des fiertés LGBT, plus connu sous le nom de « Gay Pride » se clôturera par une marche dans les rues de Toulouse, le 18 juin, avec une particularité pour cette édition 2011: un rassemblement de poussettes en tête de cortège. Entretien avec Sara et Chrystel, mamans de la petite Fany, un an, un foyer homoparental de Muret.

Comment est née l’idée de créer un rassemblement de poussettes?

Les médias s’attardent souvent sur l’aspect festif du cortège et sur son lot de fantaisies. Or cette marche, mise en œuvre par l’association « Arc en Ciel », est avant tout l’occasion de regrouper les associations, les commerces « gay friendly » et de mettre en avant nos revendications, le tout avec le soutien des élus locaux. L’association « Les Enfants d’Arc en Ciel », qui participe à l’organisation de la marche, a voulu créer un événement autour de l’homoparentalité et du mariage gay, récemment au cœur des débats à l’Assemblée Nationale.

Quel message portez-vous?

Il faut légiférer sur ces questions là. La situation devient ridicule tellement l’hypocrisie est portée à son paroxysme! L’administration nous donne l’autorité parentale, on nous reconnaît lorsqu’il s’agit des impôts ou de la sécurité sociale mais on nous refuse encore le mariage. Aujourd’hui il n’y a plus d’arguments valides et le discours récent de Mme Barège prouve bien qu’il ne reste plus que des préjugés et de l’intolérance. Il est donc important de se montrer et de ne plus vivre cacher. Nous sommes des familles comme les autres, avec les mêmes priorités concernant nos enfants. Ce combat, nous le menons pour eux.

Quelles difficultés rencontrez-vous?

Les enfants de familles homoparentales sont confrontés à une forme d’injustice car l’autorité parentale prend fin à leur majorité. A titre personnel, lorsque nous avons fait construire notre maison, nous nous sommes rendues compte de certaines failles comme celle du droit de succession. Seul le mariage pourrait résoudre ce problème et faire de nous une famille à part entière.

Comment se porte votre famille?

Nous avons 3 enfants, dont 2 d’une précédentes union. Nous vivons comme tout le monde: le travail, l’école, les devoirs pour les enfants, les factures, les vacances, etc. Notre combat est avant tout administratif car nous bénéficions d’un large soutien, notamment au niveau des parents d’élèves. Engagées dans plusieurs associations, nous aidons les familles homoparentales dans leurs démarches pour obtenir l’autorité parentale, nous répondons à leurs questions et témoignons de notre histoire. Nos enfants se sentent bien et ne rencontrent pas de problèmes particuliers. Fany a beaucoup d’importance pour les aînés, elle est une fierté. Ils sont spontanés, ils ne militent pas, ils vivent simplement et pour eux c’est une évidence: nous sommes une famille.

http://www.ladepeche.fr/article/2011/06/17/1108613-homoparentalite-un-couple-de-muretaines-raconte.html

Vote à l’Assemblée Nationale :
Appel aux députés à ouvrir le mariage aux couples de même sexe

COMMUNIQUE DE PRESSE
Le lundi 13 juin 2011
Rassemblement devant l’Assemblée Nationale le 08 juin 2011

Le 25 mai 2011 était examinée la proposition de loi déposée par le groupe SRC visant à ouvrir le mariage aux couples de même sexe en vue d’une discussion en séance publique le jeudi 9 juin 2011.

Certains députés, s’opposant à cette ouverture, ont pu faire preuve d’étonnants commentaires, feignant d’ignorer les différences de droits et devoirs entre le mariage et le pacs, notamment en terme de succession, de pensions de réversion, de soins médicaux et de liberté de circulation.

Le 9 juin 2011 était donc, pour la première fois, inscrit en séance un débat sur l’ouverture du mariage aux couples de même sexe.

Alors que le texte, à l’instar de sept autres pays européens, vise à établir l’égalité des droits et d’engager l’Etat dans une véritable lutte contre les discriminations, la teneur des propos de certains députés ne peut qu’interroger.

On y parle de « mariage homosexuel » alors qu’il s’agit simplement d’étendre à tous les couples le droit au mariage sans distinction d’orientation sexuelle et sans affaiblir les droits des couples hétérosexuels.

Nous y apprenons, d’après les opposants à cette ouverture, que la question du mariage est très étroitement liée à la procréation.

Comment expliquer que 56 % des enfants naissent hors mariage ? Comment expliquer que les couples stériles puissent se marier ?

Sur ce dernier point il est vrai que la loi prévoit l’aide de la procréation médicalement assistée. Et nous l’avons constaté le 25 mai : les députés ont pu réaffirmer qu’ils ne souhaitaient pas que cela soit ouvert aux couples de femmes bien que  le caractère pathologique de la stérilité ne soit pas toujours prouvé pour les couples hétérosexuels.

Il semblerait donc que ce qui effraie certains de nos députés ne soit finalement pas le mariage en lui-même mais plutôt l’existence de nouvelles formes de familles.

Lors du débat nous entendons également que « l’homosexualité (…) ne peut devenir une norme parmi d’autres [1]». Mais qu’est-ce qu’une norme si elle ne peut évoluer en corrélation avec notre société ? « Les normes sociales sont à inventer, non à observer[2] ».

A l’évidence, l’histoire nous montre que les normes qu’elles soient juridiques ou sociales ont évolué depuis l’Ancien Régime. Nul besoin de remonter dans le temps pour le prouver. Une société dont les normes n’évoluent pas prend le risque de se scléroser.

Nous apprenons également que « la reconnaissance légale du mariage homosexuel bouleverserait à l’évidence dangereusement les structures fondamentales de notre société[3] ».

C’est ignorer la réalité déjà existante des couples de même sexe prévue par la charte des droits fondamentaux de l’Union Européenne. L’article 9 n’exclut, en effet, pas cette question[4]. Au législateur de se positionner !

Nous nous demandons sérieusement dans quelle société vivent certains de nos députés pour nier à ce point la réalité de son évolution et les demandes de ses citoyens. Sommes-nous au XXIème siècle ?

Nous, les Enfants d’Arc en Ciel – l’asso !, appelons tous les députés à prendre leurs responsabilités et à mettre fin aux discriminations juridiques et ainsi à adopter le projet de loi déposé par le groupe SRC.


[1] Claude Bodin.

[2] Georges Canguilhem, Le normal et le pathologique, Paris, PUF, Quadridge, 1994.

[3] Claude Bodin.

[4] « Le droit de se marier et le droit de fonder une famille sont garantis selon les lois nationales qui en régissent l’exercice ».

Débat à l’assemblée nationale :
Les députés refusent de prendre leurs responsabilités sur l’ouverture de la procréation
médicalement assistées aux couples de femmes.

COMMUNIQUE DE PRESSE
Le samedi 25 mai 2011
Rassemblement devant l’Assemblée Nationale le 24 mai 2011

Le 7 avril dernier, les sénateurs adoptaient un amendement proposé par le PS/Verts ouvrant l’Assistance Médicale à la Procréation «à tous les couples», levant ainsi les restrictions d’accès, qui conduisent, depuis de nombreuses années, les couples de femmes à se rendre dans les pays voisins ayant légalisés.

Le 25 mai les députés en ont décidé autrement.
Les couples de femmes continueront à passer les frontières… Elles continueront ces parcours parfois longs et coûteux… souvent épuisant moralement.

Le 25 mai les députés ont refusé que notre société évolue.
Alors que nous savons aujourd’hui, que ce qui fait famille n’est plus seulement un père et une mère, que les enfants de familles homoparentales se construisent et s’intègrent parfaitement dans notre société, le législateur se devait de rétablir l’égalité entre tous les couples, sans exception, quant aux modes d’accès à la parentalité et parenté.

Les arguments avancés, opposant l’« infertilité médicale » à l’« infertilité sociale », mis en avant par certains députés ne sont que leurres et hypocrisies. Les techniques de procréation médicalement assistées ne guérissent pas. Elles pallient seulement une stérilité qui, de plus, est parfois inexpliquée médicalement. Le caractère médical, au sens propre du terme, n’est donc pas toujours ce qui permet à un couple d’accéder, en France, à la procréation médicalement assistée.
Comment donc comprendre les restrictions actuelles pour les couples de femmes si l’infertilité médicale n’est pas, dans les faits, le seul critère d’accès ? Quel contexte faudra-t-il attendre pour qu’enfin le législateur mette fin aux discriminations* ?

Ce qui aurait pu être un premier pas vers la reconnaissance d’une réalité sociale existant dans notre pays disparaît donc, à peine ébauché.

Nous, les Enfants d’Arc en Ciel, déplorons cette décision qui non seulement nie un état de fait, mais plus encore inquiète.
Les familles homoparentales ne sont pas un concept. Elles existent bel et bien. Près de 250 000 enfants** vivent aujourd’hui avec au moins un des deux parents homosexuel.
Il devient urgent que le législateur s’empare de cette question et reconnaisse enfin juridiquement ces familles et futures familles, ne serait ce que dans l’intérêt de l’enfant.

*« Le rapporteur Jean Léonetti s’est déclaré favorable à « débattre de l’homoparentalité » mais « dans un autre contexte » » Source AFP
** Source APGL

Nathalie Mestre                                       A.R.
Présidente                                                   Vice-présidente
06 74 93 24 56                                             06 13 54 33 86
presidence@enfants-arcenciel.org      vice-presidence@enfants-arcenciel.org

 

 


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