Fonder une famille

 

ECLAIRAGE SUR LA REALITE D’UN PARCOURS DE PMA A L’ETRANGER

Le choix des cliniques et des pays

Les données de notre association nous montrent que les femmes (en couple ou célibataires) se dirigent majoritairement vers la Belgique ou l’Espagne. Cependant, il n’est pas rare que certaines choisissent des pays comme le Danemark ou les Pays-Bas. Le choix du pays répond au projet parental et à la réflexion menée, parfois durant plusieurs années, par les futurs parents. En effet, les législations belge et espagnole sont proches de celle de la France : le don est anonyme. Aux Pays-Bas comme au Danemark le don peut être ouvert. C’est-à-dire qu’à la demande de l’enfant, la levée de l’anonymat sera rendue possible sans pour autant engager la filiation vis-à-vis du donneur.

Les futurs parents hétérosexuels comme homosexuels sont invités à réfléchir sur leur projet parental et sur les choix qu’ils devront faire non seulement pour devenir parent mais aussi face au don : des entretiens sont prévus à cet effet et les parents sont amenés à s’interroger si, pour leur enfant, ils souhaitent un donneur « ouvert » ou « anonyme ». Sont ainsi clarifiées les raisons de leurs choix afin d’éviter des confusions entre donneur et père. Ce processus de réflexion s’effectue majoritairement chez les femmes qui ont recours à la PMA (en couple ou célibataires). Elles s’orientent principalement vers un pays en fonction non seulement de leurs vécus, expériences personnelles, de leur conception personnelle de la famille mais aussi d’un long cheminement sur ce qu’elles diront en toute clarté à leur enfant.

 

Le coût d’une PMA

Les parcours de Procréation Médicalement Assistée sont loin d’être simples contrairement aux idées reçues. Le fantasme du « bébé – facile – Thalys » n’existe pas. Certaines femmes mettent des années avant de pouvoir fonder leur famille, épuisant ainsi leurs économies. Dans la majorité des cliniques belges, au terme de 6 IAD, les femmes passent à la FIV.

Bien que la plupart des femmes soit suivie par un médecin en France et bénéficie d’une prise en charge par l’Assurance Maladie d’une grande partie du coût des examens et traitements médicaux, ces parcours sont lourds financièrement : selon les pays et les hôpitaux, les tarifs vont du simple au triple pour le même acte, auxquels s’ajoutent les frais de transport et de logement. Ce coût entraîne une inégalité entre les futures familles pouvant se le permettre et les autres, forcées à chercher des solutions moins coûteuses quitte parfois à risquer leur santé.

 

Le parcours PMA

Un parcours PMA débute généralement avec un entretien avec un gynécologue de l’hôpital étranger, parfois avec un psychologue. Ces dernières années, l’entretien avec le psychologue tend à disparaître, les cliniques se rendant compte que les projets parentaux des couples de femmes étant extrêmement construits et réfléchis. Quand, ils ont lieu, ils sont parfois vécus comme une injustice : le désir d’enfant, de transmettre… est en effet exposé et pas toujours évident à mettre en mot. Certaines femmes le vivent comme une véritable intrusion dans leur désir de parentalité et comme le fait de devoir prouver qu’elles seront de bons parents d’autant que majoritairement elles se sont interrogées sur leur parentalité et sur ce qu’être parent signifie et engage.

S’ensuivent des prescriptions d’analyses éventuelles là encore variables d’un hôpital à l’autre: de la simple prise de sang sérologique à l’hystérographie…

Suivant si elles sont suivies ou non par un médecin français, les patientes se font prescrire les traitements avec remboursement ou non, achètent leur traitement en Belgique, sur Internet ou via le don d’autres patientes.

Commencent alors la course aux échographies, prises de sang tous les deux jours à partir d’un moment T du cycle, les appels téléphoniques à la clinique pour faire remonter les résultats rapidement. La difficulté ne résidant pas tant dans les examens médicaux mais dans l’organisation que cela nécessite en l’absence de légalité : autorisation pour s’absenter professionnellement, peur d’être dénoncée, clinique injoignable… Certaines femmes nous expliquent qu’elles téléphonaient à la clinique des toilettes de leur entreprise en espérant les joindre du premier coup.

Une fois que la clinique a été jointe, le départ peut s’effectuer le lendemain ou le soir même. Là encore, il faut parfois inventer un prétexte pour pouvoir justifier son absence.

 

Le suivi en France est majoritairement effectué par des médecins ou gynécologues non-spécialistes. L’interprétation des résultats mais aussi de l’état de la patiente sont donc rendus plus difficiles et peuvent avoir des conséquences graves notamment en cas de FIV. En effet, les traitements de FIV peuvent être extrêmement lourds. Les risques et complications en termes de santé ne sont pas anodins et nécessitent une surveillance pointue. Les hyperstimulations les plus sévères peuvent entraîner des insuffisances rénales et embolies. C’est pourquoi les gynécologues spécialistes en PMA ajustent parfois leurs traitements en fonction des résultats des analyses et des éventuels symptômes et douleurs de la patiente. Or, la surveillance s’effectue à distance par l’intermédiaire de la patiente. En dépit de ce que les patientes renseignent parfois lors de l’inscription dans le protocole PMA, les médecins n’échangent pas entre eux.

Par ailleurs, nous constatons, depuis quelques années, une augmentation importante du nombre de femmes effectuant des FIV. Généralement après 6 IAD non abouties, les cliniques orientent les patientes vers un FIV. Est-ce dû à l’augmentation des couples se rendant à l’étranger, la difficulté des parcours, le manque de paillettes en Belgique, une forme de développement commercial ? Il est difficile de répondre à ces questions avec certitudes, aucune étude sérieuse n’ayant été faite.

Les femmes sont ainsi isolées, souvent livrées à elles-mêmes et elles n’effectuent pas ces parcours sereinement. S’il est difficile d’évaluer l’impact du psychologique sur la réussite des IAD, nous pouvons cependant légitimement nous demander si le nombre de plus en plus important de FIV ne diminuerait pas avec des conditions de PMA plus paisibles.

 

Plus d’informations sur la PMA :

Dossier thématique de l’Inter-LGBT

Association MAIA

Liste des centres belges sur le site de l’association Homoparentalités

 

A L’ARRIVEE DE L’ENFANT

Congé d’accueil à l’enfant

Le congé de paternité et d’accueil de l’enfant est ouvert au père de l’enfant, s’il est salarié. Cependant, si la mère de l’enfant vit en couple avec une autre personne, elle-même salariée, cette dernière peut également bénéficier du congé.

Le congé est ouvert sans conditions d’ancienneté, et quel que soit le type de contrat du travail (CDI, CDD ou contrat temporaire).

La durée du congé de paternité et d’accueil de l’enfant est fixée à 11 jours calendaires consécutifs.

Le congé peut succéder au congé de naissance de 3 jours ou être pris séparément.

Sources : 

Service public/Congé paternité secteur privé

Ameli/Congé paternité

 

Congé parental

Le congé parental peut-être pris par le parent légal de l’enfant ou son/sa conjoint(e)

Sources :

CAF/Complément libre choix d’activité

Service public/Congé parental temps plein secteur privé

 

3 jours naissance

À l’occasion d’une naissance survenue au foyer, le salarié ou fonctionnaire a le droit de bénéficier de 3 jours de congés.

Sources :

Service public/Congés de 3 jours secteur privé

Service public/Congés de 3 jours fonction publique

 

Carte vitale

Il est possible d’inscrire son enfant sur la carte vitale de chacun des parents. Pour cela il faut compléter le formulaire Cerfa : 14445*02.

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