Communiqué : Suite à l’avis de la CCNE

27 juin 2017 Communiqués de Presse

La PMA pour touTEs est une occasion de vérifier si Emmanuel Macron est réellement en marche vers l’égalité des droits. Nous voulons des actes forts et rapides ! Nos familles ne doivent pas subir à nouveau la violence de débats insultants.

 

L’avis du CCNE qui arrive enfin aujourd’hui se dit favorable à l’ouverture de la PMA pour les couples de femmes et les femmes célibataires en France.

 

Certains aujourd’hui voudraient croire que nous avons atteint l’égalité, ce n’est pourtant pas le cas.  La PMA – la procréation médicalement assistée – ouverte à touTEs les femmes, c’est une mesure d’égalité que l’on réclame depuis longtemps.

 

La procréation médicalement assistée est aujourd’hui toujours réservée aux couples hétérosexuels, l’argument principal de nos opposants étant que la PMA est exclusivement destinée à pallier un problème médical.Pourtant, aujourd’hui, pour la majorité des couples hétérosexuels suivis en PMA, la cause médicale de la stérilité du couple n’est pas établie, on traite donc une stérilité de fait.

Et on oublie un peu aisément que les femmes célibataires et ou lesbiennes peuvent également être infertiles.

Pour ces femmes dont l’infertilité est pourtant médicalement établie, pas de PMA en France.

Il est évident que cela n’empêche pas les femmes qui souhaitent fonder une famille de se lancer dans des conditions certes compliquées.

Nos parcours sont suivis par des médecins français, nos traitements nous sont prescrits en France, mais on nous envoie à l’étranger pour des actes médicaux qui pourraient être pratiqués dans la ville voisine, si nous étions en couple hétérosexuel.

 

Cette inégalité de traitement n’est pas sans conséquences.

Les parcours de PMA sont toujours des parcours compliqués, mais quand il faut se rendre à l’étranger, la difficulté est multipliée.

 

L’organisation bien sûr est un problème, quand il faut partir à plusieurs centaines de kilomètres du jour au lendemain, pour obtenir un traitement qu’on pourrait avoir dans la ville voisine si on était en couple avec un homme…

Se pose également le problème du suivi des parcours.

Car si des médecins les suivent en France comme à l’étranger, les protocoles ne sont pas les mêmes selon les pays, les traitements non plus.

 

Face à des indications parfois contradictoires, les femmes se retrouvent en difficulté, a devoir se débrouiller seules, jongler avec des protocoles et des dosages différents, ce qui peut avoir de graves conséquences sur leur santé, notamment avec de fréquents et parfois très graves problèmes d’hyperstimulation, qui seraient évités si les femmes pouvaient toutes bénéficier d’un suivi linéaire et cohérent.

Mais ce n’est pas le seul problème.En effet, se pose également la question du coût financier, les femmes faisant alors face non seulement à une inégalité basée sur leur sexualité ou leur statut matrimonial, mais également à une inégalité sociale : en effet, le coût d’un parcours de PMA à l’étranger est important, et n’est pas à la portée de tous les budgets.

Cette inégalité sociale entraîne également un important problème sanitaire.En effet, de nombreuses femmes se lancent en désespoir de cause dans des inséminations artisanales, non pas parce qu’elles souhaitent un donneur connu en la personne d’un proche de confiance, mais parce qu’elles ne peuvent tout simplement pas se permettre un parcours de PMA à l’étranger, et se trouvent contraintes de se tourner vers des donneurs trouvés sur Internet, sans aucune garantie médicale, notamment en ce qui concerne les maladies sexuellement transmissibles.

Ces femmes, doublement punies, privées de PMA en France en raison de leur sexualité, privées de PMA à l’étranger par manque de moyens financiers, se retrouvent donc contraintes à risquer leur santé et celle de leur futur enfant.

 

Il y a 5 ans, le candidat François Hollande en avait fait une de ses promesses de campagne, vite enterrée avec la loi famille, se cachant derrière un avis du Comité Consultatif National d’Ethique, avis repoussé à fin 2013, puis 2014, puis 2015…

Le quinquennat s’est terminé, et si Emmanuel Macron s’est déclaré personnellement favorable à l’ouverture de la PMA à toutes les femmes, il a également déclaré vouloir suivre l’avis du CCNE.

 

On ne peut accepter qu’aujourd’hui, en 2017, des femmes risquent leur vie pour fonder leur famille.

 

Nous attendons que le gouvernement suive l’avis du CCNE et que les paroles se transforment rapidement en actes.

 

La PMA doit être ouverte en France à toutes les femmes.

L’égalité, ce n’est pas négociable, et on la veut maintenant !

 

Céline CESTER

Présidente

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